Christophe Piérard, conseiller à la sécurité en transport de marchandises dangereuses chez DGP3A : « Autrefois, il y avait une consigne spécifique pour chaque produit à expédier, accompagnée de mesures générales ».
« Ces modifications sont marginales », commente Michel Chalot, PDG de la société éponyme basée à Strasbourg (67) qui compte 40 véhicules et 50 conducteurs et œuvre dans le transport d’hydrocarbures en zone courte (moins de 150 km de rayon d’action) pour approvisionner les stations service. « Nous avions déjà l’habitude de respecter les dispositions de la réglementation ADR qui est révisée tous les deux ans, la dernière révision datant de 2009. »
A présent, les transporteurs de matières dangereuses sont tenus d’installer des dispositifs pour ne pas perdre les plaques oranges de signalisation de matières dangereuses en cas de retournement du véhicule. Ainsi que des équipements complémentaires dans les valises de sécurité à bord du camion. En particulier, il faut disposer d’un dispositif pour obturer une bouche d’égout en cas d’épandage d’hydrocarbures, des lave-œil, des baudriers fluorescents et des systèmes autoporteurs luminescents de signalisation. A cela ajoutons qu’il faut 12 kg d’extincteurs à bord. Peu importe comment on les répartit dès lors qu’il y a au moins de 2 kg d’extincteur en cabine. Cette liste complète la tenue manches longues et jambes longues, les lunettes et chaussures de sécurité dont l’obligation relève du Code du travail.
Par ailleurs, pour les citernes de plus de 1 000 litres et les porteurs citernes de plus de 3 000 litres, les systèmes de freinage ABS et de freinage d’endurance (de type IIA) sont devenus obligatoire depuis le 1er janvier 2010 et applicables à tous les véhicules lourds mis en services depuis le 30 juin 1993. « Certains clients nous poussent à nous équiper en matériels récents. Nos véhicules étaient déjà tous équipés d’ABS », témoigne Patrick Perret, directeur général de Team SA qui ne transporte que du carburant classe 3 avec 70 véhicules moteurs pour 100 personnes dont 90 conducteurs.
De même, avec l’ADR 2009, les consignes de sécurité sont devenues génériques. « Il y a peut-être une petite perte de précision mais, pour le conducteur, la simplification est vraiment salutaire », reconnaît Christophe Piérard, conseiller à la sécurité en transport de marchandises dangereuses chez DGP3A. « Autrefois, il y avait une consigne spécifique pour chaque produit à expédier, accompagnée de mesures générales. »
« Les règles obligatoires d’accès dans les tunnels routiers ont été également uniformisées et sont entrée en application au 1er janvier 2010. Cette réglementation crée 5 catégories de tunnels, désignés par une lettre de A à E. Le choix d’une catégorie fixe, de manière précise, quels sont les TMD autorisés dans le tunnel et quels sont ceux qui ne le sont pas. Il est noté qu’il n’existe pas à ce jour de carte géographique reprenant l’ensemble des tunnels classés des pays signataires de l’ADR », déplore Rémy Vandroux, conseiller à la sécurité externe du cabinet Securidis.
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