Organiser la prévention du risque.
D'autant que certaines professions sont confrontées de manière répétée et prolongée à des situations potentiellement dangereuses. C'est le cas notamment des chauffeurs de bus, des caissières ou encore des vendeurs qui doivent faire face à des comportements violents. « Comme il n'y a pas de solution miracle, les dirigeants ont intérêt à se concerter avec les partenaires sociaux et les salariés pour envisager les actions à mettre en place », recommande Philippe Bielec, ingénieur conseil à la CNAM-TS. Lequel en appelle au dialogue social et à la reconnaissance des salariés par leur hiérarchie pour limiter les risques de stress. L'ingénieur conseil recommande aux entreprises de recourir à la méthode de l'INRS utilisée par le réseau des CRAM (Caisses régionales d'assurance maladie) pour prévenir et lutter contre le stress. Cette démarche présentée dans le manuel ED6011 téléchargeable sur Internet (www.inrs.fr) se déroule en plusieurs étapes. D'abord, le pré-diagnostic réalisé de préférence en interne va identifier les indicateurs de stress liés au fonctionnement de l'entreprise (absentéisme, turnover, défaut de production...) ou à la santé et à la sécurité des salariés (taux de fréquence des accidents, gravité, nombre de TMS). Ensuite, sera constitué un groupe projet comprenant des représentants de la direction, de la médecine du travail, des membres du CHSCT ou des délégués du personnel et des salariés volontaires. Leur mission est de suivre les indicateurs et de piloter les actions préconisées lors du diagnostic.
Compétences spécifiques requises.
Stratégique, cette étape doit être menée par des intervenants externes en charge d'identifier les besoins de l'entreprise et d'analyser les problèmes de manière collective et non pas seulement individuelle. Outre les préventeurs des CRAM, les entreprises peuvent faire appel au médecin du travail, aux chargés de mission des Aract (Agences régionales de l'amélioration des conditions de travail), ou encore aux cabinets conseils spécialisés. La France en compte plusieurs dizaines dont CapSecur Conseil, Humanime, Ifas, Psya, Stimulus, et Technologia. Sans oublier Bureau Veritas qui aide ses clients à identifier les RPS dans le cadre d'une mise à jour du Document Unique. Ce qui offre l'avantage de mener une action plus globale.
Questionnaires et entretiens.
« Nous utilisons des questionnaires ou des interviews ciblées sur les aspects métiers », décrit Pascal Le Grand, responsable d'opérations de maîtrise des risques au sein du Bureau Veritas. « Mais je privilégie la voie de l'entretien. Les personnes interrogées sont plus spontanées. Ce qui nous permet d'identifier plus facilement les facteurs de stress liés au travail et à l'organisation. » Une fois les données analysées, Bureau Veritas propose des plans d'action qui peuvent porter sur l'organisation du travail, ou sur une formation en gestion de conflit... De son côté, Capsecur Conseil, filiale du groupe Randstad, a élaboré un questionnaire individuel pour mesurer le niveau de stress des salariés sur une échelle de 1 à 7. Les questions portent notamment sur la capacité d'ajustement au stress des salariés et sur leur état de santé. « Nous avons en moyenne un taux de réponse de 70% », indique Claude Lanneau, consultant chez Capsecur Conseil. Sur la base des réponses, ce dernier réalise une analyse factorielle qui va faire ressortir les secteurs touchés par le stress. « En général, une dizaine de jours suffit pour mener une action de prévention », explique le consultant qui intervient aussi bien dans le secteur des travaux publics que dans des entreprises industrielles de plus de 100 salariés.
Retrouvez-nous aussi sur
Le Blog
Expoprotection
Twitter
Viadeo
LinkedIn