Le recours à un intervenant extérieur sera l'occasion pour l'entreprise d'acquérir des connaissances et des méthodologies en prévention des risques. Pour Pascale Merciéca, l'évaluation doit prendre en compte les caractéristiques du salarié et l'ensemble des risques auxquels il est exposé : « Il faut avoir une lecture cumulée des risques car aucun salarié n'est exposé à un seul risque. Et la dimension cumulative peut avoir des effets délétères importants. » A titre d'exemple, Pascale Merciéca cite une des études de la Cram Ile-de-France qui montre que le bruit associé aux éthers de glycol peut détruire plus rapidement la cochlée.
A l’instar des TMS qui sont accusés d'engendrer une perte de 7,5 millions de journées de travail, le poids financier des risques psychosociaux ne cesse d'augmenter. Selon le BIT (Bureau international du travail), celui-ci oscillerait entre 1 % et 4 % du PIB. « Le ministre du travail Xavier Darcos a d'ailleurs sommé les entreprises de plus de 1 000 salariés d'évaluer ces risques », nous rappelle Emmanuel Charlot, directeur du développement et des partenariats de Psya, un cabinet spécialisé dans la prévention et la gestion des risques psychosociaux. Ce dernier a développé des outils et des pratiques pour aider les entreprises à reconnaître des risques de souffrance au travail. « Avec la crise économique, de plus en plus de demandes affluent depuis six mois », rapporte Jean-Marc Pignalosa, directeur national formation à l'Apave, un cabinet conseil et de formation. « Elles émanent non plus seulement de grandes entreprises mais aussi de structures de moins de cinquante personnes, tant dans le secteur tertiaire que dans la production industrielle. »
Outre les TMS et la souffrance au travail, le projet du second Plan Santé au Travail pointe aussi le doigt sur le travail en co-activité. « Le maître d'ouvrage doit faire intervenir un coordinateur SPS (Sécurité, protection et santé) qui gère les risques liés à la co-activité sur le chantier », rappelle Vincent Bel, le directeur de Dekra HSE. Faceo, leader européen du Facilities Management, a d'ailleurs placé la co-activité sous haute surveillance. « Pour réduire les risques qui peuvent en découler, nous dressons avec nos clients un plan de prévention annuel qui doit être partagé et remis à chacun de nos sous-traitants », détaille Jérôme Lussien, directeur Qualité Clients et QHSE (Qualité, hygiène, sécurité et environnement). Ce dernier intervient notamment sur différents sites d'Areva, le spécialiste de l'industrie nucléaire. Un client particulièrement exigeant. « Ils ont leurs propres procédures dont nous devons tenir compte tout en nous assurant qu'elles sont en cohérence avec nos outils et nos méthodes. Nous devons aussi être force de proposition en jouant un rôle de conseil sur notre périmètre », poursuit Jérôme Lussien qui suit de près les avancées de la démarche OHSAS 18001, une certification dans le domaine de la santé et sécurité au travail, entamée par l'entreprise sur une partie pilote de son activité, avant de la généraliser. « Cela va nous donner de la légitimité et constituer un élément différenciant vis à vis de nos clients. »