Face aux incertitudes quant aux conséquences des radiofréquences sur la santé , l’Afsset considère qu’il convient d’agir et fait les recommandations suivantes : développer la recherche, pour lever les incertitudes qui demeurent, et se tenir aux aguets des signaux nouveaux qui émergeraient ; réduire les expositions du public.
Le rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) sur les radiofréquences met en évidence l’existence d’effets des radiofréquences sur des fonctions cellulaires, rapportés par une dizaine d’études expérimentales considérées par l’Afsset comme incontestables. Néanmoins aucun mécanisme d’action n’a été identifié à ce jourentre les radiofréquences et les cellules pour des niveaux d’exposition non thermique . De même le niveau de preuve épidémiologique concernant des fréquences excessives de certaines tumeurs reste très limité. A contrario, un nombre important d’études ne rapporte pas d’effet particulier. Au total, le niveau de preuve n’est pas suffisant pour retenir en l’état comme définitivement établis des effets dommageables pour la santé. Face à ces incertitudes l’Afsset considère qu’il convient d’agir et fait les recommandations suivantes :
> Développer la recherche, pour lever les incertitudes qui demeurent, et se tenir aux aguets des signaux nouveaux qui émergeraient
L’Afsset recommande de cibler en priorité les études épidémiologiques, ainsi que les études sur la reproduction et le développement de l’enfant et de répliquer des études qui montrent des effets biologiques. Elle recommande de prêter une plus grande attention aux aspects méthodologiques et, en particulier, d’affiner la caractérisation des expositions des populations, à commencer par celle des enfants. Elle met en lumière le retard pris sur la connaissance des effets sanitaires concernant les bandes de fréquences inférieures à 400 MHz et celles de plus de 2GHz, qui correspondent à des expositions professionnelles. D’autres hypothèses sont infirmées par cette enquête (perméabilité de la barrière hématoencéphalique, risque de neurinomes de l’acoustique, effet sur la mélatonine, etc.).
> Réduire les expositions du public
Ce potentiel de réduction existe s’agissant de l’exposition aux radiofréquences. La priorité va au téléphone portable qui est la première source d’exposition du public. L’affichage intelligible du débit d’absorption spécifique (DAS) permettrait de privilégier les téléphones portables les moins exposants. Par ailleurs, l’Afsset recommande de rechercher les quelques points du territoire où les niveaux d’ondes de radiofréquences sont nettement plus élevés que la moyenne, de les cartographier et de proposer une procédure pour réduire les niveaux. Cette démarche s’inscrit dans une logique environnementale où, dès lors qu’une exposition peut être réduite, cette réduction doit être envisagée.
L’expertise menée par l’Afsset est inédite tant par l’exhaustivité des publications analysées que par la méthode et l’approche développée afin de la réaliser. L’expertise a recensé 3 500 références. Le travail a fait se confronter diverses écoles de pensées des scientifiques, des parties prenantes et des lanceurs d’alerte, notamment au travers d’auditions. Les sciences humaines ont été prises en compte dans le processus d’expertise. Enfin, pour la première fois, un observateur issu du monde associatif a suivi l’intégralité des débats.
> Pour consulter l’avis de l’Afsset
> Pour consulter la note de synthèse de l’Afsset
> Pour consulter le rapport de l’Afsset
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