Le perchloroéthylène dans
les pressings : une catastrophe sanitaire ?
Le perchloroéthylène est toxique pour les travailleurs des pressings, pour les riverains et pour la population en général.
Le perchloroéthylène est toxique pour les travailleurs des pressings, pour les riverains et pour la population en général. Selon les ONG
Réseau Environnement Santé (RES) et
Générations futures , « ce n’est pas une extrapolation, ce sont des centaines d’études scientifiques accumulées depuis des décennies qui le disent ».
En France, il n’est toujours pas interdit alors que c’est chose faite au Danemark et aux Etats-Unis (respectivement depuis 2003 et 2006). Selon RES, « les preuves expérimentales existent en effet depuis des décennies. Dix études de cancérogénicité ont été menées chez le rongeur et ces dix études concluent à un effet cancérogène. Les études sont encore plus nombreuses, et tout aussi convergentes, pour les autres effets toxiques : sur le système nerveux, sur les reins et sur le foie. Les études épidémiologiques en milieu de travail retrouvent tous ces effets et même chez les riverains, pour lesquels il est difficile par principe de mener des études de ce type, des effets neurologiques ont été mis en évidence ».
L’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis a publié, le 10 février, une norme pour le perchloroéthylène : 40 μg/m3 pour les effets non cancérogènes et cancérogènes. Or les riverains sont en moyenne exposés à 2000 μg/m3, voire beaucoup plus dans certains cas.En France, les autorités sanitaires préfèrent
le principe d’un usage contrôlé du perchloroéthylène. Pourtant, les procédés de remplacement existent.
Ces deux ONG demandent donc l’interdiction complète du perchloroéthylène.
Le perchloroéthylène, qu’est-ce que c’est ?
Le perchloroéthylène ou tétrachloroéthylène est un composé chimique de formule Cl2C=CCl2. Ce solvant est un composé organique volatil, surtout utilisé pour le nettoyage à sec de tissus et pour dégraisser des métaux. Il figure sur la liste des cancérogènes du groupe 2A (agents probablement cancérogènes pour l’homme) du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et peut causer des troubles neurologiques, rénaux et hépatiques. A température ambiante, c'est un liquide ininflammable et inexplosible. Il s'évapore facilement dans l'air et a une odeur âcre.
Dans l'Union européenne, le perchloroéthylène est classé comme « nuisible à la santé » et « dangereux pour l'environnement ». Il figure sur la liste des cancérogènes du groupe 2A du CIRC, qui inclut les produits probablement cancérigènes pour l'homme. Il est aussi inclus, en France, dans le tableau 12 RG des maladies professionnelles. Lors de l'ouverture du hublot d'une machine de nettoyage à sec, les vapeurs de perchloroéthylène s'échappent de la machine.
> La France compte environ 5000 pressings, 90 % d’entre eux utilisent du perchloroéthylène. Chaque année, 1 million de litres de perchloroéthylène soit environ 8 200 tonnes sont utilisés.
> Bilan de l’opération nationale de contrôle
des pressings menée par l'inspection
des installations classées
L’inspection des installations classées, en coopération avec l’inspection du travail, a mené une campagne de contrôles, par sondage des pressings au début du mois d’octobre 2008.
Après avoir été annoncée bien en amont à toute la profession, ce sont 275 pressings qui ont été contrôlés au cours de cette opération. Plus précisément, les inspecteurs ont vérifié la conformité des installations de nettoyage à sec à l’arrêté ministériel du 2 mai 2002 qui les encadre et plus particulièrement les principales prescriptions concernant les risques associés à l’utilisation du perchloréthylène. Ces prescriptions ont pour objectif de protéger les travailleurs, les riverains et l’environnement en maîtrisant les rejets associés.
- Les points suivants ont en particulier été examinés : présence et fonctionnement de la ventilation, surveillance de l’installation, contrôle de l’accès à l’atelier, gestion des solvants, entretien et maintenance des machines et consignes d’exploitation.
Au total, sur 275 installations contrôlées, 86 ne présentaient pas de non conformités significatives. Pour 189 installations, des arrêtés préfectoraux de mise en demeure ont été proposés aux préfets territorialement compétents. Parmi celles-ci, 80 installations se sont vues dresser des procès-verbaux (PV).
Le bilan a conduit le ministère du Développement durable et la profession à mettre en place un plan d’action. Il touchera les domaines suivants :
- les contrôles avec un suivi des installations en infraction et la mise en place d’un contrôle périodique obligatoire,
- un renforcement de la formation et de l’information des professionnels,
- l’évolution de la réglementation pour encadrer une diminution progressive des rejets et simplifier la réglementation sur certains points
- l’information et la communication
- la recherche-innovation avec le soutien du ministère pour la recherche d’un produit de substitution au perchloréthylène
Source : Réseau Environnement Santé.
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