En parallèle, un système capable de détecter des mouvements génère aussi des contraintes liées à la présence d’éléments perturbateurs dans le champ de vision d’une caméra. Ces facteurs peuvent être :
de type environnemental (vibrations de la caméra, mouvements de la végétation, luminosité insuffisante, contre-jour, passage de phares de voiture, etc.) ouintrinsèquement liés à l’image (création de bruit en situation de faible luminosité, mais aussi compression excessive de l’image entraînant du « mouvement » d’une image à l’autre).
Comme le rappelle Olivier Viné, « la capacité à détecter en environnement dégradé pose encore des limites à l’utilisation des technologies de vidéosurveillance intelligente dans les applications de sécurité. C’est un domaine où il est encore difficile d’admettre au moins 5 fausses alarmes par jour. »
En effet, la vidéosurveillance est soumise aux mêmes problématiques d’alarmes intempestives que les détecteurs d’intrusion classiques. En conséquence, la maîtrise des interactions avec l’environnement est essentielle, tout particulièrement en extérieur non abrité, insuffisamment éclairé. Pour réduire les risques de déclenchements intempestifs, de nombreuses solutions ont été développées.
> Le placement et le calibrage corrects des caméras sont des prérequis indispensables, mais pas suffisants. « Il s’agit également de maîtriser le bruit généré dès lors que la lumière baisse, précise Laurent Assouly. Des algorithmes ont été conçus pour filtrer automatiquement le bruit, si bien qu’en situation de très faible luminosité, une caméra est capable de distinguer le bruit généré de véritables objets en mouvement ».
> Deuxièmement, il est nécessaire de maîtriser les perturbations liées à l’environnement. En fonction de ces contraintes, des algorithmes filtrent automatiquement l’image pour fournir une information fiable.
> Ensuite, afin de réduire les risques de fausses alertes, il est utile d’élaborer des scénarios spécifiques en définissant des zones de détection successives : si un intrus pénètre dans ces différentes zones, l’alerte sera donnée avec pertinence. Si un mouvement est limité à une seule de ces zones, le périmètre du site par exemple, il ne sera pas analysé comme une intrusion et l’alerte ne sera pas jugée pertinente. À l’appui de ces dispositifs, nous sommes capables de fournir une réponse plus performante et de ne garantir que 1 ou 2 fausses alarmes par jour et par caméra.
Néanmoins, à l’heure actuelle, et dans la majorité des cas, la sécurité d’un site ne peut pas reposer exclusivement sur la vidéosurveillance, aussi performante soit-elle. « Aujourd’hui, résume Arnaud Lannes, il n’est pas recommandé d’envisager une détection périmétrique à l’aide d’une caméra au-delà de 20 m. Passée cette distance, les contraintes liées à l’environnement et à ses fluctuations se révèlent beaucoup plus difficiles à maîtriser. » Philippe Giraud enchaîne : « Aussi poussées soient les capacités d’analyse intelligente, il existe des interactions avec l’environnement qu’il est indispensable de maîtriser en recoupant les informations fournies par la caméra, mais aussi par une barrière infrarouge, une détection périmétrique, etc. Il est essentiel d’élaborer des scénarios, au cas où les capacités d’une caméra seraient perturbées par tout élément susceptible d’altérer la détection d’une intrusion caractérisée. Une fois ces données contextuelles maîtrisées, on peut compter sur les performances d’un tracking efficace et optimisé. »
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