Interdiction des phtalates, des parabènes et des alkylphénols | L’UIC ne comprend pas

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Certains dérivés d'alkylphénols sont utilisés
dans la détergence et la cosmétique.
© Paul Tearle-Thinkstock
Dans un communiqué daté du 3 mai, l’Union des industries chimiques (UIC) déclare ne pas comprendre l’adoption en première lecture à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi visant à interdire l’utilisation des phtalates, des parabènes et des alkylphénols. L’interdiction de familles entières de substances présentant des profils toxicologiques, des utilisations et donc des niveaux d’exposition très différents est un non-sens scientifique, technique et réglementaire. Cette interdiction n’apporte, de plus, aucune amélioration en termes de sécurité sanitaire et de sécurité du consommateur. Elle aurait, en revanche, des conséquences très négatives sur la vie quotidienne. Sur le plan scientifique et technique, cette initiative est précipitée alors que l’Inserm * et l’Anses **, saisies par le ministère de la Santé, n’ont pas encore rendu leur évaluation définitive des risques liés aux perturbateurs endocriniens et pour lesquels il n'existe pas de définition validée au niveau européen.


Une interdiction générale apparaît disproportionnée alors que des limitations et interdictions sont appliquées pour des utilisations présentant des risques avérés pour la santé ou l'environnement en application du règlement Reach et d'autres réglementations ***.


Sur le plan de l'hygiène, de la santé et de la vie quotidienne, il faut rappeler que les phtalates sont notamment utiles pour rendre certaines matières plastiques souples (tuyaux, tubulures, cathéters et poches à sang, etc.), les parabènes empêchent la prolifération de micro-organismes pathogènes dans les produits cosmétiques et pharmaceutiques, et les dérivés d'alkyphénols sont utilisés comme émulsifiants. Nombre de ces applications ne sont pas aujourd'hui techniquement substituables.


L’UIC considère donc que la proposition de loi constitue une application excessive du principe de précaution faisant fi des processus d’évaluation scientifique et de toute la logique réglementaire européenne.


* Institut national de la santé et de la recherche médicale.
** Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
*** Celles-ci visent notamment déjà trois phtalates classés toxiques pour la reproduction, l'utilisation de certains phtalates dans les articles de puériculture et les jouets, ainsi que certains dérivés d'alkylphénols dans la détergence et la cosmétique.

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