Dossiers | 29-09-2009

Gestion des risques : les catastrophes naturelles restent le talon d’Achille des entreprises

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La gestion des risques serait mieux prise en compte au sein des entreprises. C’est en tout ce que semble démontrer une récente enquête réalisée par FM Global. Cependant des lacunes perdurent, notamment en cas d’une éventuelle catastrophe naturelle…
Alex Tadmoury FM Global
Alex Tadmoury, directeur général de FM Global en France, « les Directeurs Financiers parlent le même langage que les Risk Managers, qu’ils considèrent de plus en plus comme un interlocuteur stratégique. C’est un signal fort pour les Risk Managers, qui ne doivent plus hésiter à proposer une véritable structure autour de leur fonction ».

Selon une étude FM Global, assureur mutualiste spécialiste des risques industriels, réalisée par TNS Sofres *, la gestion des risques aurait fait son entrée au conseil d’administration des grandes entreprises et représente une priorité pour 74 % des Directeurs Financiers français.


Mais le tandem Directeur Financier-Risk Manager, s’il existe, n’a pas encore atteint sa maturité. Aussi, les programmes de gestion stratégique et cartographie des risques et de gestion de la continuité des activités sont sous-utilisés. Les risques opérationnels, stratégiques et de catastrophes naturelles ne sont pas considérés à leur juste valeur, alors qu’une entreprise sur quatre a subi un dommage matériel majeur au cours des cinq dernières années. Comme le constate Alex Tadmoury, directeur général de FM Global en France, « les Directeurs Financiers parlent le même langage que les Risk Managers, qu’ils considèrent de plus en plus comme un interlocuteur stratégique. C’est un signal fort pour les Risk Managers, qui ne doivent plus hésiter à proposer une véritable structure autour de leur fonction ».


La gestion des risques : une réalité quotidienne pour les Directeurs Financiers

Dans un contexte d’accroissement des risques et de durcissement de la réglementation, la gestion des risques est une mission de premier plan pour 74 % des DAF. Dans une étude réalisée en 2007 **, seul un Directeur Financier sur deux déclarait alors que faire du risk management une priorité représentait un véritable défi.

Leurs efforts se sont surtout portés sur les risques financiers et juridiques : 97 % des Directeurs Financiers interrogés pensent que leur entreprise est bien préparée à ces risques. Pour les risques liés à l’outil de production (risque opérationnel) ou à la stratégie de l’entreprise (risque stratégique), les DAF déclarent également que leur entreprise est bien préparée (respectivement 89 % et 84 %).


Catastrophes naturelles : le talon d’Achille des entreprises

L’étude révèle une faille : plus de 25 % des Directeurs Financiers (28 %) se déclarent mal, voire très mal préparés en cas de catastrophes naturelles, alors qu’une entreprise interrogée sur quatre (26 %) déclare dans le même temps avoir subi, au moins, un dommage matériel majeur au cours des cinq premières années, dû entre autre aux inondations ou aux tempêtes. Les entreprises ayant transféré leurs capacités de production vers des pays fortement exposés aux catastrophes naturelles, rendent leur modèle d’activité plus vulnérable. Pourtant il est possible pour une entreprise de survivre à la plupart des risques - y compris les ouragans - en investissant dans des solutions de prévention et de protection.


Le Risk Manager, quand il existe, joue un rôle central

Le Risk Manager, lorsqu’il existe, est désormais en contact direct avec l’équipe dirigeante : 73 % rapporteraient directement au Président, au Directeur Général, au Conseil d’Administration. Mais cette réelle avancée dans la considération du Risk management comme une fonction stratégique est loin d’être généralisée : seule une entreprise sur deux (54 %) déclare avoir un Risk Manager dans son organigramme.

Les Directeurs Financiers français, quant à eux, maîtrisent le vocabulaire du Risk Manager : plus de 80 % (84 %) d’entre eux se déclarent familiers avec la terminologie liée à la gestion des risques d’entreprise (Enterprise Risk Management, ou ERM) ou à la gestion de la continuité des activités (Business Continuity Management, ou BCM). Et cette bonne connaissance se traduit sur le terrain : 63 % déclarent que leur entreprise a mis en place un programme ERM ou BCM (et près de 20 % les deux), et sont capables de détailler par le menu les méthodes de chaque programme.

L’étude souligne un manque d’intégration de l’ERM à la culture d’entreprise puisque seulement 24 % des Directeurs Financiers interrogés déclarent qu’il existe dans leur entreprise un comité dédié au programme à la plateforme ERM. « Un programme ERM bâti une fois pour toutes est un programme mort. Pour qu’il soit efficace, celui-ci doit faire partie intégrante de la culture de l’entreprise », commente Alex Tadmoury. Afin d’ajouter, qu’il s’agit de la raison pour laquelle « un comité dédié à l’ERM, qui échange régulièrement sur  les évolutions de l’entreprise est devenu une nécessité. L’acquisition d’une société, la délocalisation d’un site, l’ajout d’une ligne de production, ou même le changement d’un fournisseur deviennent alors des initiatives où les Directeurs Financiers ont tout intérêt à impliquer leur Risk Manager. Elles nécessitent souvent des investissements importants et auront sans aucun doute une plus grande chance de réussir en étant soutenues par un programme ERM structuré, efficace et maitrisé par un Risk Manager informé et compétent ».

 

* Enquête française « Le Risk Management en entreprise : un enjeu stratégique ? », réalisée par TNS Sofres pour FM Global du 9 janvier au 6 février 2009, auprès de 57 DAF, DF et adjoints d’entreprises françaises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 300 millions d’euros

** Enquête mondiale « Evolution des risques d'entreprises jusqu'en 2009 : ça se complique ! », réalisée par Opinion Way pour FM Global auprès de 500 dirigeants financiers en Amérique du Nord et en Europe, notamment les directeurs financiers et les trésoriers travaillant pour des sociétés dont le chiffre d’affaires est égal ou supérieur à 500 millions de dollars US.

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