Olivier Buquen a insisté sur l’avenir du texte sur le secret des affaires devant inaugurer le « Confidentiel Entreprise ». « Cette nouvelle disposition sera un réel progrès par rapport à ce qui existe aujourd’hui […]. Le texte a fait l’objet d’une proposition de loi censée être étudiée au Parlement début 2012. Mais le Conseil d’Etat nous a rappelé que la voie est étroite et a donné des consignes très strictes pour veiller à la constitutionnalité de ce texte. »
Les intervenants sont revenus sur une année 2011 parsemée de crises : Printemps arabe, Fukushima, affaire Renault, crise financière… Dans ce contexte incertain, Jean-Pierre Vuillerme, de l’ADIT, a estimé que « la maîtrise globale des risques exige une approche transversale multimétier afin d’avoir le regard le plus large possible ».
« Il faut se convertir à la globalité des risques, a prévenu Serge Mostura, directeur de Centre de crise du Quai-d’Orsay, qui y voit le meilleur moyen d’anticiper les désordres à venir. L’anticipation ce n’est pas lire l’avenir mais se prémunir contre ce qu’il peut advenir. Anticiper c’est réfléchir. » Un constat partagé par Pascal Boniface, directeur de l’Iris, à propos du Printemps arabe : « Les révolutions ne se prévoient pas. »
Jean-Michel Chéreau, directeur de la protection d’Areva, a jugé que l’anticipation passe avant tout « par une logique de remise en cause au quotidien. Il ne faut surtout pas s’enfoncer dans la routine. Au Niger, la situation reste très sinusoïdale. On a l’impression d’une accalmie et ça peut repartir très vite, donc il faut toujours se remettre en question ».
Pierre-Alain Schieb, responsable des projets futurs à l’OCDE, a rappelé que sur deux mille ans d’histoire, quelques critères universels préviennent de l’imminence d’une crise tels que « le manque de cohésion des élites polarisées et la surproduction des élites, comme ce fut le cas en Tunisie et en Egypte ».
Christian Lechervy, directeur-adjoint de la Direction de la prospective au Quai-d’Orsay, a précisé plusieurs conditions à toute démarche prospective: « La structure prospective doit être collective, en lien avec les autres directions sans quoi elle ne décide pas de la stratégie à conduire. Elle doit également garder une grande liberté d’autocritique afin d’éviter d’alimenter ses propres certitudes. »
Dans un bref essai d’anticipation, Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, a averti à propos de la situation actuelle : « Nous sommes dans la situation de Franklin Roosevelt en 1937 : il pense que la crise est terminée et veut réduire les déficits. Là fut l’origine de la crise des années 1930. Nous sommes tous en train de créer notre problème en réduisant nos déficits aujourd’hui. »
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