Le souci de conformité est au coeur du calfeutrement, lui-même aligné sur les impératifs de compartimentage des bâtiments, cette sectorisation constituant des volumes chacun "étanches", afin de limiter la propagation du feu aux autres volumes . Un confinement qui exige des parois verticales (sur un même niveau) ou horizontales (entre niveaux) qu'elles satisfassent à des exigences réglementaires en termes de résistance au feu. Laquelle est définie par le Code de l'urbanisme, le Code de la construction et de l'habitat pour les immeubles d'habitation et les immeubles de grande hauteur (IGH), le Code du travail et les Arrêtés préfectoraux pour les locaux professionnels et, enfin, par le Règlement de sécurité contre le risque d'incendie pour les établissements recevant du public (ERP).
La résistance au feu des éléments de construction, tout comme la réaction au feu des produits, sont testées en laboratoire dans des conditions précises, et validées par des procès-verbaux (PV) d’essais au feu, définissant leurs performances pare-flammes et coupe-feu pendant une durée donnée, allant de 15 minutes… à 6 heures.
La résistance, ou capacité d’une séparation à résister pendant la durée en question, s'apprécie selon trois critères :
- la stabilité au feu, critère purement mécanique ;
- la propriété pare-flammes (PF ou E selon la nouvelle terminologie), qui ajoute à la stabilité mécanique, le critère d'étanchéité aux flammes et aux gaz ;
- la propriété coupe-feu (CF ou EI), qui complète la propriété pare-flammes par une exigence d'isolation thermique.
Les 3 catégories de la classification française, Stable au feu (SF), Pare-flammes (PF) et Coupe-feu (CF) trouvent aujourd’hui leur correspondance dans 3 Euroclasses de résistance au feu : Résistance mécanique ou stabilité (R), Etanchéité aux gaz et aux flammes (E), Isolation thermique (I), laquelle complète toujours une classification R ou E.
Quant à la réaction au feu des composants, autrement dit leur aptitude à s'enflammer et à propager un incendie -de M0 pour les produits incombustibles à M5 pour les plus facilement inflammables-, elle fait aussi l’objet d’Euroclasses qui intègrent désormais deux autres critères : d’une part, l’opacité des fumées, d’autre part, les gouttelettes et débris enflammés, facteurs de propagation d’un incendie.
Bref, des données qui entrent dans le bagage élémentaire du spécialiste du calfeutrement, soucieux d’opérer à bon escient. Car, les réserves et ouvertures pratiquées dans les parois pour assurer le passage des câbles et chemins de câbles, des tubes métalliques (acheminant l’eau, la vapeur, l’air comprimé), et des tubes thermoplastiques (PVC, polyuréthane, ou polyvinyle), pour l’évacuation des eaux usées, constituent, en cas d’incendie, autant de dangers potentiels pour les personnes et les biens si les produits et systèmes de calfeutrement ne satisfont pas les exigences de la réglementation, ou si leur mise en œuvre n’est pas conforme aux règles de l’art.
La fumée, les gaz toxiques, la perte de visibilité, la pyrolyse de certains matériaux à température élevée, ont tôt fait de mettre les vies en péril si la restauration de la résistance au feu n’est pas au rendez-vous, sans compter un risque de combustion vive dans les cas extrêmes.
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